EDITO_ Présidentiel en RDC – le Candidat proclamé vainqueur: élu? choisi? ou placé?


En Afrique, comme en République démocratique du Congo, les élections ne sont pas une expression du choix du peuple, mais plutôt une opportunité que s’offrent les décideurs pour hisser les personnes de leur choix au sommet de la Res Publica.

La solution dans une situation pareille est loin d’être la rébellion ou la déstabilisation de l’Etat; des multiples manifestations avec message de haine et instauration de la terreur, car dans cette possibilité, les victimes sont non seulement les personnes indexées mais plutôt la population entière, y compris les personnes que l’on prétend pouvoir protéger. Avant donc d’envisager la guerre et la rébellion, il serait mieux de penser à ce que vivent les congolais de l’Est du pays et ce qu’a traversé la RDC entière au temps du RCD.

Sans se voiler la face, les élections en Afrique, principalement en RDC sont toujours gagnées par le Régime en place. La prise de pouvoir par l’opposition n’a toujours été que le résultat d’un concensus. Faire semblant d’ignorer cette réalité, c’est intentionnellement tromper la conscience de la population.

Dans un pays comme la République démocratique du Congo, s’attendre à des élections unanimement acceptées par tous, c’est une utopie et il serait mieux de la dissiper des chefs des citoyens congolais. 

Dans ce pays à envergure continentale de par sa superficie, l’on retrouve quatre méga ethnies, reparties selon leurs appartenances linguistiques.

D’un coté nous avons l’espace Swahili, Kongo  et de l’autre, les Luba et les Ngala.

Autant il y a cette diversité ethnique, autant les personnes qui concourent pour le sommet de l’Etat sont portées chacune par son espace. Et comme la campagne électorale est souvent confondue à un moment de propagation de message de haine tribale et ethnique, chaque ethnie se cramponne derrière son leader et considère tous ses compétiteurs comme des ennemis.

Du coup, chaque coin veut que seul son leader soit proclamé vainqueur du scrutin, le contraire sera désormais pris pour une manoeuvre de fraude électorale.

En RDC, l’expérience est éloquente, depuis que le pays a choisi la voie de la démocratie.

En 2006, bénéficiaire de la notoriété positive de son Père, Joseph Kabila Kabange a été proclamé Président de la République démocratique du Congo dans des fortes tensions, car en face, Jean-Pierre Bemba Gombo dénonce la fraude électorale et se reconnait avoir été élu au sommet de l’Etat. Malgré tout, Joseph Kabila, qui d’ailleurs était le Président du Régime 1 plus 4, se sera imposé et les résultats provisoires de la CEI de Apollinaire MALUMALU seront confirmés par la Cour suprême de l’époque.

En 2011, Kabila a été une fois de plus proclamé Président élu, alors que dans une autre commune de la Capitale, Etienne Tshisekedi WA Mulumba, son challenger directe, prêtait  serment comme président élu devant ses partisans. Malgré les tensions et contestations, les résultats provisoires de Daniel Ngoy MULUNDA obtinrent succès et furent confirmés par la Cour Constitutionnelle en faveur de Joseph Kabila Kabange.

En 2018, Félix Antoine TSHISEKEDI fut proclamé Président de la République, alors qu’il était visiblement inattendu au sommet de l’Etat, tous les regards étant rivés vers Martin Fayulu et Emmanuel Ramazani Shadari. En dépit des multiples revendications de la vérité des urnes clamée par FAYULU, la CENI de NANGAA intransigeante, Tshisekedi fit la la remise et reprise avec Joseph Kabila Kabange.

En 2023, les tendances électorales rendues publiques par la CENI pour le 100% de suffrage valablement exprimé renseignent que Félix Antoine TSHISEKEDI est largement en tête, suivi de Moïse KATUMBI et Martin Fayulu. 

Les frustrations sont désormais perçues, surtout avec d’innombrables irrégularités constatées le jour du scrutin : les individus avec des machines à voter dans leurs résidences, les bourrage d’urnes dans certains bureaux de vote, l’inaccessibilité des témoins et observateurs dans quelques centres de vote…

FAYULU et KATUMBI appellent à l’annulation du scrutin, une manifestation contenue déjà par la police  à Kinshasa, le mercredi 24 décembre 2023. Cette manifestation initiée par Martin FAYULU et quelques autres candidats unis à sa cause.

D’autres candidats annoncent des manifestations continues pour réclamer l’annulation du scrutin et dénoncer la fraude électorale. Entre temps, certains compatriotes ont trouvé judicieux de créer une rébellion pour chasser le pouvoir en place. 

Mais parmi les voies légales, la seule et la plus garantie est celle de recourir à la Cour Constitutionnelle avec des éléments de preuve. Toutefois il est important de reconnaitre qu’ aucun candidat ne peut avoir les arguments pour flechir la Centrale électorale. l’essaie est encouragé.

La question principale restera la même : pour quelle victime toutes ces stratégies sont elles peaufinées : la population ou les politiques? Mais en réalité, le peuple pourra plus payer cash dans cette démarche.

Et si les politiques étaient assis autour d’une table? Oui, là et entre eux, ils peuvent échanger les coups et seront les seules victimes de leur  cause. Car de toute manière, pour obtenir la légitimité, les politiques viennent vers le peuple. Mais dans la jouissance, le peuple demeure ce malheureux spectateur de l’opulence et l’égoïsme du politique Congolais. 

Le peuple peut faire le choix de la raison.

Les politiques africains doivent prendre le courage de déclarer la dictature dans leurs Etats respectifs en lieu et place de faire vivre les citoyens dans un semblant des régimes démocratiques. Car dans une vraie démocratie, c’est le choix du peuple qui prime sur l’égo politique.



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