Crises institutionnelles au Tanganyika : à qui profite la situation à répétition ?


L’application effective du démembrement des provinces en République Démocratique du Congo a été applaudie par bon nombre d’habitants du Tanganyika. Les espoirs de cette population qui  croyaient voir leur entité rattraper le temps du retard en développement grâce au rapprochement avec les dirigeants n’ont pas tardé à se volatiliser.

Crises institutionnelles, voilà ce vent apporté par le découpage de 11 à 26 provinces en RDC dans la province du Tanganyika.

La crise institutionnelle, marque distinctive du Tanganyika ? À qui profite la situation à multiples épisodes ? Où est la part du Peuple dans les biceps brandis par les acteurs et personnalités influents du Tanganyika au niveau tant national que provincial ?

Des tensions  à répétition entre les deux institutions phares de la province se soldant souvent par des bagarres à l’hémicycle provincial suscitent des remords dans le chef de la population.

Le souverain primaire au Tanganyika qui nourrissait une grande aspiration de voir son quotidien s’améliorer avec l’avènement de la province assiste pitoyablement à un stéréotype. L’après découpage est conclu comme avant le processus par plusieurs citoyens qui n’assistent qu’aux spectacles désolants en lieu et place de l’action de grande envergure pour l’intérêt public.

Tanganyika, terre des crises institutionnelles et dont l’hémicycle provincial serait le ring pour les uns et les autres de prouver leur force musculaire ? 

Six épisodes des conflits patents entre l’assemblée et l’exécutif provincial du Tanganyika en seulement un espace des 6 ans sont déjà à compter.

Les mémoires fraîches se rappellent bien du premier round de ce combat qui remonte en septembre 2017 avec la motion contre le président de l’époque actuellement député national Benoît Mbayo Yahenga. Deux camps se sont fractionnés au niveau de l’organe délibérant. La fronde au président menée par son vice , Léon Kaengele et supposée soutenue par l’exécutif provincial d’un côté et de l’autre côté, Benoît Mbayo et les députés qui lui étaient favorables. Des plénières parallèles par deux bureaux parallèles après des casses au siège officiel, le VPM de l’époque Ramazani Shadary se décida de suspendre des activités.

Le deuxième round interviendra en 2020. Cette fois-ci, la déchéance du bureau Joseph Lulu au profit de l’installation du nouveau bureau chapeauté par Virginie Nemba Nkulu a vu l’hémicycle se transformer en un véritable ring.

Cela ne sera qu’un précédent d’un film long métrage car, avec la suspension de deux députés provinciaux John Kadjilo et Vincent Kibombo, du FCC à ce temps, ceux qui veulent se faire appeler (honorables) ont offert une bonne partie de la boxe aux amoureux des arts martiaux. Nous sommes en 2021.

Viendra par la suite, la tension autour de la déchéance du gouverneur Zoé Kabila. Cette partie de la crise continue nécessita même la descente d’une délégation en provenance d’autres villes pour Kalemie. On retiendra leur nom, les Broyeurs

À leur tour, les broyeurs de l’Union Sacrée représentés au Tanganyika par Richard Ngoy Kitangala, John Banza Lunda, Jean Manda Kansabala et Swedi Kanyanduru, tous députés nationaux élus du Tanganyika auront atteint l’objectif en installant cette plateforme présidentielle, et, ce sera le début de cette crise qui a eu pour premier résulta, la déchéance de Zoe Kabila qui, du reste, n’était pas un diable pour la population du Tanganyika, bien qu’ainsi vendu par ses détracteurs.

une période d’accalmie institutionnelle sera vécue, sous la transition de Moni Samba, celui, cherchant à se trouver la sympathie de Kinshasa, se mettra au travail des Ministres centraux, oubliant ainsi l’intérêt du peuple.

En effet, la tension n’a pas tardé à ressurgir. Nous sommes en 2022, certains députés décident de remercier le bureau Virginie au profit du bureau Vincent en passant par le bureau d’âge porté par Koya Mawazo, actuellement ministre en charge de l’éducation et environnement au niveau de la province. Des télégrammes ont été rédigés et diffusés en province selon que cela enchantait tel ou tel autre camp.

Le retour en triomphe du camp Virginie pour «reprendre la fonction de la gestion de l’assemblée» a été suivi d’un cinquième round au siège de l’assemblée provinciale.

Le 08 mai 2023, ont pu alors se tromper ceux qui avaient inscrit dans leurs agendas un seul rendez-vous, la réponse de la Gouverneure Julie NGUNGWA MWAYUMA à la question orale avec débat lui adressée par le député provincial Kakudji Ngoy Wama. Il leur fallait insérer aussi le sixième round de la bataille corporelle entre «députés» , bataille à laquelle se sont associés des militants des familles politiques.

Une crise qui prend des allures sans précédent car les acteurs s’exposent au grand public en révélant des top secrets.

Déjà, un audio d’une conversation téléphonique inonde les plateformes numériques et alimente les débats dans des bureaux et cercles à Kalemie, chef-lieu du Tanganyika. À suivre le contenu, une voix assimilée à celle de la Gouverneure et l’autre identifiée comme celle de la députée provinciale Abiba Binti Masudi étalent bien le fond de cette nouvelle crise. Des révélations accablantes filtrent dans cet échange musclé entre les correspondantes.

De l’histoire, on se rappellera que les relations entre animateurs clés de la province n’ont jamais été tendres.

Des indiscrétions avancent mêmes des conflits engagés entre les Gouverneurs qui se sont succédés et leur Vice-Gouverneurs.

Il se raconte que les relations n’étaient pas généralement au beau fixe entre Richard Kitangala  et Ali bin Omari Simukinje qui ont eu à gérer le Tanganyika pour la première fois en tant que d’abord commissaire spécial et commissaire spécial adjoint avant d’évoluer comme Gouverneur et Vice – Gouverneur après leur élection en Mars 2016.

Des relations seraient mal en pointe entre le duo qui les a remplacés. Zoé Kabila et Samba Kayabala ne s’entendraient pas du tout bien. Des Couloirs ont raconté que le Vice-Gouverneur était considéré comme employé de son titulaire.

Actuellement, des langues dignes de foi parlent des relations calamiteuses entre Julie NGUNGWA MWAYUMA et son vice  Ferdinand Masamba wa Masamba.

Des tensions à l’interne comme à l’externe à l’assemblée et au gouvernement provincial, le Tanganyika, terre vouée à la crise institutionnelle ?

Quelle sera le point de chute pour cette nouvelle crise?

Qui de Vincent Kibombo et qui de Julie NGUNGWA sortira vainqueur ?

À chaque crise, des camps ont chacun un seul point de référence, Kinshasa. D’où  » l’expression Kinshasa a dit « .

Difficile actuellement de conclure sur la position de Kinshasa, toutefois, 14 députés provinciaux ont signé pour le départ de la Gouverneure Julie NGUNGWA au terme de la plénière du lundi 08 mai 2023, plénière à laquelle la Gouverneure attendue pour répondre à la question orale avec débat sur sa gestion, n’a pas été présente. Certains députés , jusqu’ici minoritaires, fustigent des violations graves du règlement d’ordre intérieur de l’assemblée dans l’organisation de la dite plénière. D’autres, majoritaires , saluent la démarche du bureau Kibombo.

Julie NGUNGWA MWAYUMA passera-t-elle par la justice pour reprendre son fauteuil ou rentrera-t-elle de son déplacement et se mettre directement au travail ?

La question plane. Néanmoins, l’accès au bâtiment du gouvernorat est momentanément suspendu pour des raisons d’hygiène, ont appris les agents du gouvernorat via un message téléphonique du directeur de cabinet de Julie Ngungwa.

Pour rentrer dans un petit détail, la Gouverneure en exercice fut élue par 14 députés le 08 mai 2022 et 14 députés ont signé sa déchéance une année après, soit le 08 mai 2023.



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