Sauf imprévu, le tribunal siégeant dans l’affaire opposant le ministère public à Nathan Mugisho se prononce ce vendredi dans la soirée à l’issue de la troisième audience qui s’annonce houleuse, indique une source proche du dossier contacté par frycoms.net.
Même si acquitté, Nathan Mugisho ne pourra pas forcément franchir le seuil de la prison centrale de Kalemie où il est détenu. Pour cause, un mandat d’arrêt provisoire émis par le parquet général depuis le mois d’octobre 2022 a été réouvert à sa charge pour « Faux Bruits« .
Le jeune leader aux appartenances multiples, Nathan Mugisho, a été arrêté le Mardi 17 Janvier 2023 durant la marche organisée par le conseil urbain de la jeunesse de la ville de Kalemie pour protester contre l’insécurité. Le ministère public l’accuse de l’incitation à la désobéissance civile.
L’audience suspendue le mercredi s’est bel et bien poursuivie le jeudi. Les avocats de la défense ont interrogé le tribunal sur la régularité de la détention de leur client étant donné que le détenu a été arrêté sans mandat. Étant dans une procédure de flagrance, le tribunal a bon jugé d’ordonner la détention provisoire de Nathan Mugisho sur base de la loi régissant les infractions flagrantes en République Démocratique du Congo. Les parties prenantes au procès ont par la suite statué sur l’infraction pour laquelle Mugisho est poursuivi. À ce stade, la partie défenderesse a brandi des preuves écrites et sonores déchargeant son client d’être organisateur de la marche; position objectée par le ministère public qui a argué sur le fait que Nathan Mugisho soit membre du conseil urbain de la jeunesse à travers l’association Umoja ni Nguvu. D’après le Ministère Public, cet aspect des choses prouve à suffisance que le détenu était cerveau moteur de la marche.
Dans cette bonne guerre, la défense s’est obligée de rebondir sur la composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil Urbain de la jeunesse en démontrant comment son client n’est pas membre du comité et ne peut siéger que lors d’une assemblée générale comme membre d’une association ajoutant que Nathan Mugisho était simple participant à la marche.
La séance de ce vendredi consacrée à la plaidoirie sera de tous enjeux pour les deux parties en général car le sort du tribunal sur Nathan Mugisho pourra tomber, nous indiquent nos câbles.
Surnommé la sentinelle du Tanganyika, Nathan Mugisho s’est plus révélé aux publics par le lancement d’alertes et dénonciations des vices de la société. Ses opinions critiques, par moment hostiles aux gouvernants, poussent aux uns à dénoter de lui, un opposant aux régimes qui se succèdent à la tête de la province du Tanganyika.
Son arrestation le Mardi 17 Janvier dernier continue à alimenter les discussions sur les plateformes numériques plus particulièrement dans le forum WhatsApp dénommé Parlement Debout sans Tabous qui se veut aussi un mouvement citoyen.