Fin de poursuites pénales contre Nathan Mugisho. Cet acteur de « droits humains » et militant politique a été relaxé ce mardi 7 février après avoir séjourné en prison pendant au moins 21 jours en guise de détention préventive. Il a été arrêté le 17 janvier alors qu’il prenait part active à un mouvement de ras – le – bol qui dénonçait sans détour le regain de l’insécurité à Kalemie. Ce critique du gouvernement en place, a été embarqué « manu militari » ce jour-là dans un pick-up de la police, tandis que les vrais organisateurs de la manifestation « non autorisée » avaient été épargnés. Une arrestation trop décriée par Justicia ASBL et autres organisations de droit de l’homme qui fustigent le durcissement de harcèlement visant les défenseurs de droits humains.
En effet Nathan Mugisho était sur la sellette pour deux dossiers. D’abord, il a été jugé pour incitation à la désobéissance civile, grief pour lequel il avait été acquitté le 20 janvier faute de preuves solides et lacunes dans le chef d’accusation. Mais il devrait rester en prison car un second dossier dit de « faux bruits » datant du mois d’octobre 2022 était de facto activé.
Selon l’un de ses avocats conseils, les faux bruits dont il était question c’est le fait que le prévenu avait affiché un calicot à des différents coins très fréquentés de la ville, avec l’emblème de parlement debout sans tabou (PDST), un groupe de pression dont il est le répondant principal. Sur ce calicot, l’on pouvait lire « PDST dénonce le silence de la gouverneure face à l’insécurité ». La partie défenderesse avait tout simplement plaidé que l’infraction de faux bruits ne tenait pas la route et vu que « l’intention n’était pas de provoquer le trouble, mais plutôt de pousser les décideurs politiques à renforcer les mesures de protection ».
Le critique de régime Julie Ngungwa a comparu encore ce 7 février et selon le verdict final, il a été reconnu non coupable également dans ce second dossier. « Mon arrestation avait des motivations politiques » déclare Nathan Mugisho dans sa première réaction livrée frycoms.net. Entre temps il remercie l’appareil judiciaire d’avoir fait preuve d’indépendance dans le traitement de cette affaire.
« Je suis moi-même touché de voir qu’ici à Kalemie nous pouvons avoir une juridiction qui puisse être neutre et qui puisse jouir de l’indépendance. D’aucun n’ignore que le dossier était politique et politisé même. Mais la justice a fait preuve de sa souveraineté et de son indépendance jusqu’à m’acquitter. » Déclare l’homme qui vient de recouvrer sa liberté. Et d’ajouter que « le temps passé à la prison était le temps pour vivre et découvrir ce que j’ai découvert ».

